Un jour maman m'appelle sur le portable. Elle est bien entendu au courant des problèmes que nous rencontrons avec Allan ainsi que les récents problèmes d'oreilles, de poids, de croissance etc...
Elle me demande "alors, comment va Allan ?"
et là... gros blanc... puis je fonds en larmes (décidemment ça devient une habitude...)
et là je vide mon sac... moi qui jusqu'à maintenant avait plutôt tendance à dédramatiser, là je lui réponds non, Allan ça ne va pas du tout ; et très vite je lui dis "maman, je crois qu'Allan est autiste..."
sa réponse fut bien sûr immédiate et brutale "MAIS NON !!"
Quelle mère, quelle mamie peut réagir autrement à une telle annonce... quasiment aucune bien entendu... en plus maman, avec moi pour référence, ne manque pas d'arguments pour me rassurer. Moi, à 3 ans, en gros personne ne me comprenait à part elle tellement ce que je racontais était inaudible... j'avais un caractère très difficile (ça, ça n'a pas beaucoup changé
! ) et il m'arrivait de faire des crises pas possibles ; c'était même pire ! J'exprimais parfois mon mécontentement en choisissant un angle de mur pour aller me cogner violamment la tête dessus !
Je lui ai alors expliqué tout ce qui s'était passé dernièrement : que Xavier le pensait aussi, sa nounou, les assistantes maternelles... je lui fis un résumé de tout ce qu'on m'avait dit, de tout ce que j'avais pu lire sur internet, tout ce qui venait confirmer mes doutes...
Je lui dis également que j'avais à présent ce rendez-vous avec une psychologue à Balma, qui allait bienôt confirmer ou non... Maman me connait par coeur ; elle a bien entendu immédiatement senti que ce n'était pas un simple discours d'une maman trop inquiète ou trop mère-poule ; elle sait que j'ai hérité de ce don qu'elle m'a donné de sentir les choses, ce fameux 6e sens comme on l'appelle parfois ; elle n'a alors pas hésité une seule seconde à prendre un billet de train pour venir nous rejoindre ici à Toulouse.